Dans son baromètre du premier semestre 2019, l’institut VIAS nous apprend que 74 piétons et 46 cyclistes ont été victimes d’un accident corporel, 3 piétons et un cycliste tués sur les six premiers mois de l’année rien que pour la province de Namur, soit une augmentation de plus de 7% par rapport à la même période en 2018. Le Collège communal dispose-t-il de statistiques au niveau du territoire d’Andenne ?

Voici quelques semaines, le nouveau gouvernement wallon s’est engagé dans sa déclaration de politique régionale 2019-2024 à faire passer « la part modale de la marche de 3 à 5 % et celle du vélo de 1 à 5 % ». Cet objectif de plus que doubler l’usage de la marche, voire de quintupler la part du vélo dans les déplacements quotidiens est ambitieux. Mais ce n’est probablement qu’un premier pas dans la bonne direction.

Par comparaison dans la déclaration de politique communale 2019-2024, le Collège communal s’est promis « d’améliorer la sécurité des usagers faibles et de promouvoir l’usage du vélo au travers d’actions qui seront menées annuellement ». Toutefois, cette déclaration ne dit absolument rien sur l’ampleur et l’amplitude des moyens concrets que le Collège compte mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Parle-t-on seulement d’actions « menées annuellement » ? J’ose espérer que le Collège ne se contentera pas d’un engagement à petite dose, que l’on pourrait qualifier de green washing.

Je ne pense pas inutile de le rappeler : l’enjeu est de taille ! Comment convaincre plus d’Andennais de se déplacer à pied ou à vélo au quotidien ? Plus de la moitié de la population vit au creux de la vallée, sur terrain plat. Pourtant à Andenne, les aménagements urbains sont encore conçus en partant de la voiture. Les piétons et cyclistes doivent donc jouer des coudes pour exister, se faufiler entre les voitures stationnées sur les trottoirs ou simplement trouver un endroit pour stationner leur vélo de manière sécurisée.

Or, les études le prouvent : c’est en augmentant les infrastructures adaptées aux cyclistes que la pratique se développe.

Aujourd’hui, les enjeux climatiques imposent de repenser notre mobilité. Nous ne pouvons plus nous permettre de pratiquer la politique des petits pas. Il est temps de mettre le grand braquet dans le développement d’une véritable politique en faveur de la mobilité douce.

Pour cela, il importe d’améliorer sensiblement la sécurité des usagers. D’après la littérature internationale relative aux mesures visant à réduire les accidents de vélos, la gestion de la vitesse est, au sens le plus large, de loin la mesure la plus importante pour accroître la sécurité des cyclistes.

Quels sont les plans du Collège pour répondre à cet enjeu ?

Plus concrètement, parmi les quelques pistes de solutions suivantes, lesquelles le Collège a-t-il envisagées et à quel stade de réalisation en sont-elles ?

  • Établir une planification générale de l’aménagement des trottoirs pour les piétons : revêtement praticable, création d’avancées pour améliorer la visibilité sur les passages piétons, surbaissement des trottoirs aux passages pour piétons et au débouché des chemins et sentiers pour faciliter le franchissement par les poussettes, les personnes à mobilité réduite et les vélos ;

  • Rendre les zones 30 permanentes dans les quartiers résidentiels qui sont déjà mis en zone 30 pendant l’été ; voire, élargir la mesure et basculer tous les centres urbains et les cœurs de village du territoire en zone 30, voire en zones cyclables comme cela s’est fait à Malines ;

  • Créer des itinéraires cyclables conseillés, balisés, fléchés et aménagés sur l’ensemble du territoire communal afin de relier les centres urbains, les lieux publics, les arrêts de transport en commun, en s’appuyant sur le réseau Ravel existant en bord de Meuse ;

  • Convertir toutes les rues à sens unique en double-sens cyclistes ou, là où ce n’est pas faisable, les transformer en rues cyclables (limitation à 30 km/h et priorité aux vélos), voire même en zone de rencontre (limitation à 20 km/h et priorité aux piétons) ;

  • Aux abords des écoles, mettre en place des rues scolaires1 au cas par cas là où c’est possible afin de sécuriser les abords des écoles et favoriser les modes doux pour se rendre à l’école, comme cela se fait déjà à Nivelles, Mont-Saint-Guibert et en Région bruxelloise.

Améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes ne relève pas de la seule responsabilité des usagers. Quand les gouvernements veulent dynamiser l’économie, c’est tout un arsenal de mesures qui sont mises en place. Le Collège fera-t-il de même en matière de mobilité douce ?

1 Ce principe a été inscrit au code de la route fin 2018 et permet de réserver l’accès aux piétons et cyclistes pendant les heures scolaires, plus d’infos : https://www.police.be/5285/actualites/nouveaute-du-code-de-la-route-les-rues-scolaires

Interpellation déposée par Christian Mattart au conseil communal du 25 novembre 2019.

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