Je me permets de vous interpeller sur trois demandes de permis qui inquiètent de nombreux Andennais des entités de Bonneville, Maizeret, Namêche, Sclayn et Thon-Samson.

 

Projet d’immeuble à appartements à Maizeret

Tout d’abord, un imposant projet de construction d’immeuble à appartements, à Maizeret, trouble les habitants. C’est en effet avec étonnement que de nombreux riverains ont découvert un nouvel avis d’urbanisme pour la construction d’un projet immobilier rue de Gawday (N90). Cette nouvelle construction ne comptera pas moins de 28 nouveaux logements, plus une soixantaine de places de parking.

La N90 étant déjà dangereuse à l’heure actuelle (nous avons eu l’occasion d’en parler lors du dernier Conseil communal), il est fort probable qu’au vu de cette surconcentration de véhicules, le nombre d’accidents va bien vite exploser en l’endroit. Une telle densification n’est simplement pas du tout adaptée à la réalité actuelle de la zone.

Ce nouveau bâtiment de grand gabarit va réellement « écraser » les maisons adjacentes. Après la construction du building la « Quintessence » comprenant déjà 31 appartements, est-ce bien judicieux ? La hauteur prévue de ce nouveau bâtiment estimée entre 9 et 12 mètres sous toiture, va impacter tous les riverains. Un tel « paquebot » qui aurait une hauteur estimée à plus de 17 mètres s’intégrera-t-il vraiment ? Plusieurs riverains m’ont confié se croire bientôt à la côte belge avec un front de mer composé de buildings. Un voisin direct s’inquiète d’être très certainement privé de soleil si ce building voit le jour. Ce nouveau projet va à l’encontre du respect de l’esprit de la vallée de la Meuse : se tourner vers le fleuve, oui. Gâcher le paysage, non ! Ce nouveau bâtiment en crépi ne semble effectivement pas du tout respecter le caractère mosan et les autres constructions déjà existantes. Quid de l’intégration paysagère du bâti dans un périmètre d’intérêt paysager ? Rappelons que des sites classés sont situés à proximité : quel est l’avis de la Commission des Monuments et Sites ? Quel est l’avis de la CCATM sur le projet ? Quid de notre patrimoine ?

Qu’en sera-t-il aussi de toutes les eaux usées ? Une pollution supplémentaire ? La zone est déjà régulièrement inondée. On évoque des parkings souterrains qui seront à niveau de Meuse. Quel est l’avis du SPW-MI sur ce projet ? Quel égouttage (manquant) est envisagé ? Quid de stations d’épuration ? La pression du bâtiment sur les quais de Meuse, inquiète un ingénieur riverain du site.

Par ailleurs, en période de télétravail intensif, de nombreux habitants de la zone concernée se plaignent du manque de haut débit de VOO et de Proximus. Comment solutionner cet autre problème également ?

Qu’en est-il de la proximité avec un site CEVESO ? L’entreprise Luyten située sur l’autre rive, sera-t-elle mentionnée aux nouveaux arrivants ?

Et, cerise sur le gâteau : est évoquée la vente d’un autre terrain à proximité du site qui accueillerait un troisième bâtiment du même type. Confirmez-vous cette information ?

Le collège a-t-il déjà pris attitude sur cette demande de permis et qu’en pense-t-il ?

 

Carrière de Marchempré (Bonneville, Thon et Sclayn)

Le site de la carrière de Marchempré fait l’objet d’une demande de permis unique de classe 2 de la part de la société anonyme « Dolomie de Marche-les-Dames » pour la mise en œuvre de diverses installations et activités (unités de concassage, criblage et stockage de minéraux,…) prévues de 7h à 19h. Pouvons-nous obtenir des explications complémentaires précises quant aux activités projetées ?

Le dossier de demande de permis précise que 1.600 tonnes de pierre seraient extraites et concassées chaque jour (et ce, 220 jours par an) et 64 camions seraient nécessaires quotidiennement pour évacuer cette production. Sont également nécessaires au futur fonctionnement de la carrière des produits inflammables, des explosifs,…

La question du lavage des camions et de pierres ainsi que la gestion des eaux usées se pose également.

Sur le site internet de la Wallonie, cette carrière est décrite comme aujourd’hui désaffectée. S’étendant sur près d’un kilomètre, ce site présente un grand intérêt biologique, notamment en ce qui concerne les papillons de jour qui sont représentés par plus de 30 espèces, les odonates mais aussi les amphibiens qui comptent au moins sept espèces dont une des plus importantes populations wallonnes d’alytes accoucheurs.

Que pense le collège de cette demande de permis ? S’est-il déjà positionné à cet égard ? Le permis d’exploiter délivré en 1976 est-il toujours d’actualité… et aux mêmes conditions qu’à l’époque ? Doit-il être adapté ? Combien de personnes ont réagi à l’enquête publique ? Si ce permis unique devait être délivré, quelles en seraient les conséquences en matière de nuisances sonores, environnementales et en termes de qualité de vie pour les riverains ? Le bois Friet (propriété de la Ville) situé juste à côté du site et inscrit lui aussi en zone d’extraction, sera-t-il préservé ?

 

Carrière de Gore à Thon

Le site de la carrière de Gore fait lui aussi l’objet d’une demande de permis unique de classe 2 de la part du SPW-MI. La demande de permis évoque de l’extraction, du débitage, de la taille et de la manutention de pierres, mais aussi la mise en place d’un dépôt de huit tonnes de charbon, de distribution d’hydrocarbure, de divers dépôts d’huile (plusieurs milliers de litres), de dépôt de terres (10.000 m³), d’un dépôt de 300 kg de poudre noire, de deux unités d’épuration individuelles, de compresseurs, d’une cabine basse tension, de plusieurs zones de stockage, etc. Que pense le collège de cette demande de permis ? N’est-on pas plutôt dans le cadre d’une régularisation ? Le site mérite d’être soutenu et valorisé car il produit une pierre bleue de qualité pour toute la Wallonie. La main-d’œuvre sur place est de haut niveau. Mais quelles nuisances potentielles cette demande pourrait-elle induire ? Pouvez-vous nous donner des explications précises ?

Le concasseur est/serait utilisé également par une entreprise privée : le collège a-t-il des informations du SPW à ce sujet ?

Par ailleurs, je me permets d’attirer votre attention sur le fait que ce site est traversé par la N90 et que les éléments de sécurité et de propreté doivent impérativement retenir toute notre attention tant pour les usagers de la voirie que pour les travailleurs du site.

Carrière de Marchampré, Namêche

Rue de Gawday, Maizeret

Carrière de Gore, N90

Étienne Sermon

Interpellation déposée au conseil communal du 22 février 2021.

Étienne Sermon
Conseiller communal

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